Affichage des articles dont le libellé est engagement. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est engagement. Afficher tous les articles

lundi 31 octobre 2011

Manifeste personnel d’une patriote moderne



Tel que publié dans l'édition du 28 octobre 2011 du Courrier de la Nouvelle-Écosse

Dans cette époque où notre Acadie semble devenir de plus en plus politique, et où notre peuple se définit par ses confrontations avec le gouvernement et son financement, j’ai besoin de quelque chose de plus. Dans toutes ces luttes, j’ai peur que nous devenons fixés sur la structuration et l’organisation de notre Acadie, et que nous oublions comment simplement être acadiens. J’ai donc la prétention de m’avoir fait un manifeste pour me rappeler comment vivre mon peuple, si ce n’est que pour ma propre survie dans ce monde où ma langue et ma culture peuvent si facilement disparaître dans la masse majoritaire. Je partage ça avec vous aujourd’hui.

1.    Je sais qui je suis et d’où je viens.

Je n’oublie pas que je suis acadienne, et que c’est une partie intégrale de qui je suis.

2.    Je n’ai pas peur de le montrer.

J’ose afficher ma culture et mes origines n’importe où. Mon peuple ne se cache plus dans les bois, et ne le fera plus. Je suis fière de qui je suis.

3.    Je ne m’excuse pas pour ma langue.

Je n’ai pas peur ou honte de parler ma langue devant quiconque, que ce soit des anglophones, d’autres francophones ou ma famille. Ma langue n’est pas inférieure aux autres.

4.    Je crois à la cause.

Je suis conscientisée des défis de nos communautés, et je vois le travail qu’il y a à faire. Peu importe le découragement que je peux vivre, je crois fondamentalement que je dois garder l’avenir de mon peuple au cœur de mes actions.

5.    J’agis envers la cause.

Je pose des actions envers le développement de ma communauté et de mon peuple, que ce soit en m’impliquant dans des associations, en faisant du bénévolat, en revendiquant mes droits, ou en élevant  fièrement mes enfants en français.

6.    Mon Acadie est inclusive.

Je ne reste pas collée aux définitions de l’Acadie d’autrefois. Mon Acadie est formée non seulement de ceux qui sont les descendants de colons et de déportés et qui portent fièrement leurs noms, mais aussi de tous ceux qui se rattachent à nos luttes et à notre façon de vivre, qu’ils soient des néo-acadiens, des africadiens, des canacadiens, des québécadiens, ou quoi que ce soit.

7.    Je connais mon histoire.

Mon peuple est riche d’une histoire pleine de ténacité, de malheur, de travail, d’endurance, de fierté, de tradition, et d’adaptabilité. Cette culture m’est parvenue malgré tous les obstacles qu’elle a rencontré depuis 400 ans, et c’est mon devoir de la connaître.

8.    Je consomme ma culture.

Je fais l’effort de connaître les artistes de mon Acadie d’hier et surtout celle d’aujourd’hui. Ils racontent leur vision de ce que nous vivons comme peuple, et je m’immerge dans ma culture en la consommant par tous les médiums que je peux.  Si j’ai moi-même quelque chose à exprimer, j’ai le devoir de me mettre à l’ouvre moi aussi.

9.    Je partage mon Acadie

Je suis par mon existence-même une ambassadrice de mon peuple, comme tous les acadiens. Je suis prête à expliquer qui nous sommes et ce que nous sommes, du moins de mon point de vue, à qui que ce soit, et surtout à nos jeunes acadiens et acadiennes.

10 Je serai toujours acadienne

Je suis acadienne du berceau à a tombe. Je ne vivrai pas toujours ma culture de la même façon, mais j’y serai profondément attachée jusqu’à la fin de mes jours.

lundi 12 septembre 2011

Diplôme/diploma

Tel que publié dans l'édition du 2 septembre  2011 du Courrier de la Nouvelle-Écosse

Au début d’une nouvelle année scolaire, je ne peux m’empêcher de réfléchir à ce qui se passe dans ces piliers de nos communautés, nos écoles.

Nous sommes tellement fiers d’offrir une éducation bilingue à nos enfants. On leur enseigne non seulement le français, mais aussi l’anglais à un niveau de langue première. On se vante que nos élèves se classent au premier rang dans les évaluations provinciales d’anglais. On vend le bilinguisme comme une (si pas la) raison d’inscrire nos enfants aux écoles francophones. On parle de nos gradués comme des jeunes tenant en main un diplôme qu’on qualifie de bilingue.

Mais j’ai dépoussiéré mon diplôme et il ne comporte aucun paragraphe, aucune phrase, même aucun astérisque lié à du texte tout petit qui dit que je suis capable de parler les deux langues officielles de mon pays. Avant de me rappeler que l’année inscrite sur mon diplôme affecte la pertinence de son utilité comme outil de recherche sur cette question, je vous assure que je me suis informée auprès de des gradués plus récents, et que le mot bilingue n’apparait pas plus sur les leurs. Alors pourquoi vent-on ce diplôme qui supposément nous certifie comme étant des citoyens parfaitement bilingues? Et est-ce que ce but ultime de bilinguisme ne vole pas le trône sur lequel devrait siéger nos compétences en français d’abord?

Soyons clairs : Je veux que nos jeunes puissent utiliser les deux langues officielles à leur plein potentiel. Je veux qu’ils maitrisent la langue de Shakespeare comme celle de Molière. Je suis fière qu’ils sont capables de faire de belles phrases en anglais qu’ils sortent n’importe où. Mais en les écoutant parler, il est clair que dans leur balance bilingue, ça penche énormément plus du côté de Shakespeare.

Je ne sais pas comment ils se comparent aux étudiants en immersion au niveau du français, parce que cette évaluation n’existe pas, mais je vous avoue que je ne serais pas surprise de les voir ne pas être classés en première place. Ce que je sais pour sur, c’est que beaucoup de nos étudiants bilingues sont très surpris de se voir placer dans des cours de français beaucoup plus basiques qu’attendu lorsqu’ils arrivent au niveau universitaire. Il y a un temps où certains se sont même retrouvés en immersion française après avoir gradué d’une école francophone. Bien que cela ne se produise plus, la réflexion se pose sur si c’est dû à l’amélioration de la qualité de la langue ou si c’était juste trop humiliant pour eux…

Donc je propose qu’on se rappelle que nos élèves sont exposés à énormément d’anglais dans leur vies, et qu’ils parlent en général un anglais près d’impeccable (ou du moins qui parait impeccable en comparaison avec leur français, tristement). Mettons-nous dans l’esprit que l’anglais est un effet secondaire de l’éducation en français, et soyons fiers de nos diplômes français, de nos résultats en français, de nos capacités de création littéraire. Soyons heureux que nous pouvons jouer avec la langue pour exprimer ce que l’on veut, et ce, en utilisant les subtilités, les nuances, et les mots qui font de la nôtre une langue reconnue mondialement comme étant belle et poétique. Et assumons que les gens savent qu’on parle bien en anglais, puisqu’ils nous entendent le faire plus que souvent.

Et n’oublions pas cette expression : « Le français s’apprend. L’anglais s’attrape. »

Causons


Tel que publié dans l'édition du 22 juillet 2011 du Courrier de la Nouvelle-Écosse

Cette semaine, Air Canada a finalement reçu une claque légale pour manque de bilinguisme, et les francophones ont reçu une claque sociale pour avoir fait respecter leur soi-disant droits.
Michel Thibodeau, un franco-ontarien, n'a pas reçu de service en français sur un vol de Air Canada. Au lieu de déposer une plainte qui s'ajouterait sur le tas qui doit commencer à être gros, il a choisi d'aller en cours et demander des répercussions financières. Il a demandé pour plus d'un demi-million en réparations, et en a été accordé 12 000$. 

Il était temps que cette cage soit branlée. 

Mais cette micro-victoire pour nos droits n'est pas ce qui me pousse à dépoussiérer mon chapeau d'éditorialiste cette semaine. C'est la réaction populaire à cette nouvelle. 

Comme Patrick Lagacé l'a noté dans un article pour Cyberpresse, les commentaires sur l'article sur le site Internet du Globe and Mail brillent par leur francophobie, voire leur racisme. Ils portent en majorité sur le fait qu'il est impossible de se faire servir en anglais au Québec (pas vrai et pas rapport), que M. Thibodeau est bilingue et devrait juste parler en anglais dans cette situation (parce que c'est à nous à parler deux langues et pas aux agents de bord...), et sur le fait qu'il a eu un procès en français avec un juge francophone (encore un autre complot francophone). On ne peut demander trop de la collectivité qui commente l'Internet sous le voile de l'anonymat, mais lorsqu'on lit des commentaires comme "Est-ce que les canadiens français se demandent parfois pourquoi ils sont tellement méprisés par le reste du Canada?", c'est une autre affaire. Si vous ne me croyez pas, substituez le mot "français" pour "juif" et relisez-moi ça. C’est du racisme linguistique flagrant.

Ce n'est pas étonnant qu'on a peur de demander des services en français. Si ce n'est pas des anglophones qui nous repoussent avec des commentaires comme "Ces gens n'iront peut-être pas en enfer, mais si il y a justice Dieu les gardera au purgatoire en attendant un traducteur.", ce sont nous qui traitons les défendeurs de nos propres causes de radicaux et de fascistes.

Se battre en cour n’est pas une façon amicale et jolie de résoudre nos problèmes. Je vous assure que ce n’est pas la situation qu’auraient voulu les plaignants s’ils en avaient eu le choix. Gilles Caron aurait préféré simplement recevoir une infraction rédigé dans les deux langues officielles du pays. Lucien Comeau aurait aimé que ses impôts municipaux aillent en partie vers l’école de ses enfants.  Les parents de notre système scolaire auraient aimé que leurs écoles francophones soient acquises de façon moins déchirante. Ils ne méritent pas pour autant d’être victimes de discrimination publique.

Mais la vie n’est pas faite d’idéaux (elle est par contre parfois faite d’idiots…).  Notre francophonie est malgré nous politique. Si on ne soutient pas nos propres causes, légales ou sociales, autant s’assimiler aujourd’hui et nous sauver tous beaucoup d’énergie. Donc à nous de légitimiser l’acquisition de nos droits en demandant pour les services en français qui nous sont destinés et d’agir lorsqu’ils ne sont pas réellement offerts.  Respectons ceux qui ont le front de lutter pour nous. 

Et ne laissons pas Air Canada que Michel Thibodeau est un de plus de 9 millions de canadiens francophones qui s’attendent à être ravis de leur service bilingue!

mardi 15 mars 2011

État de la situation en Acadie


Tel que publié dans l'édition du 4 mars 2011 du Courrier de la Nouvelle-Écosse

Comme vous le savez bien, dans les dernières semaines, l’Acadie de la Nouvelle-Écosse a pris quelques coups durs. 

Après avoir vu notre drapeau brûlé, et après avoir su que certains employés du gouvernement fédéral ont essentiellement peur de nous parler dans notre langue, il faut prendre un pas de recul et réfléchir à la situation actuelle de notre peuple. 

Nous vivons dans une province où nos besoins linguistiques sont souvent perçus comme une menace. Où nos conversations en public dans notre langue sont considérées impolies. Où chaque supposé droit doit être acquis à coups de procès et protégé par des vigilants individuels qui sont vus comme des radicaux dans leurs propres communautés. Où les panneaux en gaélique sont vues comme étant spéciaux et touchants, et ceux en français sont vus comme des revendications coûteuses. Où être parfaitement bilingue et insister sur se faire servir en français frôle l’hérésie. Et où nos communautés sont isolées les unes des autres et séparées par des régions anglophones afin de nous donner l’illusion d’être seuls dans notre situation, comme l’ont voulu les conditions du retour du grand dérangement.

Non, la vie n’est pas rose pour nous. Cela ne nous empêche pas d’être un peuple fier, qui par le fait même qu’il existe encore aujourd’hui démontre qu’il réussit à surmonter des obstacles qui ont causé la fin de d’autres cultures. Nous avons plus que survécu. Nous avons créé, nous avons innové, nous avons lutté.

Notre marche de l’avant doit se faire en se responsabilisant. Nous ne devons avoir aucune hésitation, aucune honte, à nous montrer comme acadiens, et comme francophones. Nous ne devons pas limiter notre patriotisme à afficher notre drapeau, mais aussi être prêts à défendre ce que ce drapeau représente, la lutte incroyable d’un peuple pour sa survie malgré tous les malheurs vécus.  Nous devons connaître exactement ce que sont nos droits et être à l’aise de demander qu’ils soient respectés. Nous nous devons de mieux connaître notre histoire, mais aussi de connaitre les artistes d’aujourd’hui qui partagent leur vision des réalités que l’on vit. Nous devons utiliser le service en français lorsqu’il et offert, et démontrer une demande pour lorsqu’il ne l’est pas. Nous ne devons pas nous concentrer sur les différences entre nos régions, mais plutôt reconnaitre que nous voulons tous la même chose, à la fin, et commencer à agir comme un peuple uni. Nous devons assurer que nous n’oublions pas que cette langue et cette culture nous a été passée, et que nous avons le devoir de faire sur que nos enfants parlent  le français et ont le courage de le faire.

Lorsqu’on représente l’Acadie sur le plan politique, ou sur la scène culturelle, il ne faut pas s’arrêter au folklore ou à la déportation, mais plutôt oser parler des côtés moins charmants de la situation actuelle. Prenons le temps de connaitre les institutions qui parlent en notre nom, et les politiciens qui votent sur nos lois. Ayons la fierté d’avoir les yeux ouverts à ce qui nous entoure, et le courage de s’exprimer sur notre sort.

Et n’oublions jamais que l’union fait la force. 

lundi 6 décembre 2010

Choisis ton aventure

Tel que publié dans l'édition du 26 novembre 2010 du Courrier de la Nouvelle-Écosse

Aujourd’hui, vous allez choisir votre propre aventure.

Imaginez-nous en train de vous préparer à demander un service d’une partie offrant un service bilingue. Ça peut-être une agence gouvernementale, une compagnie privée, ou n’importe quelle autre situation où vous avez le droit de vous faire servir en français. Vous arrivez au comptoir (où, après avoir choisi une d’une innombrable quantité d’options vous tombez finalement sur une vraie personne au téléphone), et avec votre plus beau sourire aux lèvres, vous dites « Bonjour! », puis posez votre question en français.  La personne vous répond qu’ils ne parlent pas en français (Ici, vous êtes libres d’imaginer le ton qu’ils prennent : mal à l’aise, défiants, de bonne humeur, espérant que vous n’êtes pas venu évaluer la qualité du service bilingue, etc. C’est votre histoire, après tout).

Comme cette personne ne peut vous servir dans votre langue, vous :

a)    Demandez en français  si on peut vous trouver quelqu’un qui peut vous servir en français.

b)    Demandez en anglais  si on peut vous trouver quelqu’un qui peut vous servir en français, pour faire sur qu’ils vous comprennent.

c)    Demandez en anglais (avec votre accent francophone le plus lourd ) si on peut vous servir en français, feignant que les seuls mots que vous connaissez en anglais sont pour demander du service en français

d)    Leur laissez savoir que vous savez que vous avez le DROIT d’être servi en français, et que vous ne bougez pas jusqu’à ce qu’ils se débrouillent. En attendant, vous leur lisez les articles 16 à 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, parce que tant qu’à attendre, autant sensibiliser…

e)    Reposez votre question en anglais, parce que anyways, mesque vous leur disez que vous voulez renewer votre license plate, ils vont savoir que vous les comprennez.
Je vous avoue d’avoir essayé toutes ces solutions auparavant. Oui, même le faux accent, question de ne pas se sentir mal de les laisser savoir qu’il serait super facile de juste me faire servir en anglais, au lieu de les faire suer. Ça peut sembler cruel, mais en revange j’ai le malaise de leur mentir linguistiquement (c’est la pire sorte de mensonge, comme lorsqu’on se dit que puisqu’on a parfois de la difficulté à s’exprimer en français qu’on n’est pas vraiment francophone).

C’est sur que dans un monde idéal, on n’aurait pas besoin de faire ce choix, parce que cette situation ne devrait pas avoir lieu. Mais la réalité est que parfois il manque de personnel, ou il y a une personne qui est bilingue, mais elle est malade ce jour-là, ou quelqu’un a sous-estimé la demande pour les services en français. De plus, la grande majorité des francophones est capable d’au moins de débrouiller en anglais, et ne veut pas attendre plus qu’il faut pour se faire servir, peu importe la langue. Comment trouver la ligne entre être patriote pour la cause et être raisonnablement flexible? C’est un équilibre entre la valeur de se faire servir en français et le temps supplémentaire nécessaire pour que ça arrive, prenant compte des facteurs comme l’humeur de la personne qui vous sert, et combien lutteur vous vous sentez aujourd’hui. Demander ses services en français est autant une question émotionnelle que politique.

Par contre, lorsque la GRC nous arrête pour excès de vitesse, nous devenons très vite prêts à insister sur le service en français…

mercredi 10 novembre 2010

Coquelicots trompeurs

Tel que publié dans l'édition du 5 novembre 2010 du Courrier de la Nouvelle-Écosse

Avez-vous déjà votre coquelicot cette année?

N'est-ce pas qu'on se sent bien d'avoir donné quelques sous au monsieur avec la canette pour Appuyer nos vétérans et notre militaire? Mais est-ce assez?

Nos vétérans sont des gens qui ont vécu des choses qui se décrivent mal. À ce temps-ci de l'année, on entend beaucoup parler des "grandes guerres" du début du 20ieme siècle, et des soldats qui y ont laissé leurs vies. On ne peut s'empêcher d'avoir un peu les larmes aux yeux de voir des hommes ainés qui sont émotionnels aux cérémonies officielles. Mais qu'en est-il de nos vétérans récents?

N'oublions pas que nous sommes présentement en guerre. L'armee canadienne est en Afghanistan depuis presque dix ans, pourquoi ne pensons nous pas plus à eux? C'est peut être parce que les guerres dautrefois avaient des missions de combat claires et faciles à comprendre. On comprend bien qu'il fallait intervenir en Europe pour la justice, pour le bien du monde, pour la liberté. Mais que faisons-nous en Afghanistan? On se bat contre le taliban? On garde la paix? On ramasse les dégâts de Bin Laden? On recrée un pays? En tout cas c'est moins clair que "aller se battre contre les allemands". Et c'est sur qu'il y a cette nostalgie, surtout des années 40. Combien de fois a-t-on vu cette photo du fameux baiser de la fin de la deuxième guerre mondiale? C'est peut être pourquoi on pense moins à nos vétérans récents le 11 novembre. Parce qu'on n'a pas la nostalgie des horreurs toujours en cours.

Je crois qu'il est important de ne pas se limiter à seulement porter une fleur de plastique et penser à nos ainés cette année. Pensons à nos jeunes vétérans qui sont affectés du syndrome du stress post-traumatique. Pensons aux jeunes familles qui doivent essayer de trouver un rythme de vie avec le conjoint militaire souvent absent. Pensons aux épouses ( le militaire est encore largement une affaire d'hommes) qui s'occupent de leur enfants seules pendant des mois, gardant le sourire aux lèvres mais en se demandant si elles reverront leur mari un jour. Pensons aux pensions gouvernementales qui affectent nos vétérans de tous âges. Bref, pensons large.

Nous pouvons appuyer notre militaire de toutes sortes de façons. Nous pouvons faire des pressions auprès du gouvernement. Nous pouvons faire du bénévolat au centre pour les familles militaires. Nous pouvons aider nos vétérans récents à garder une santé mentale saine. Nous pouvons faire sur que les familles militaires et les vétérans que nous connaissons savent que nous comprenons que ce n'est pas toujours facile pour eux et que nous sommes là s'ils ont besoin de parler ou s'ils ont besoin de coup de main.

C'est vrai qu'un coquelicot sur son manteau c'est joli, mais efforçons-nous de donner plus qu'un toonie cette année!

Des promesses, des promesses

Tel que publié dans l'édition du 29 octobre 2010 du Courrier de la Nouvelle-Écosse

Cette semaine, un moment du Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques m’est revenu à l’esprit, et je vais le partager avec vous.

Le dernier soir du Forum, nous avons eu une cérémonie de l’engagement, où chacun a pu déclarer devant le groupe ce qu’il ou elle ferait suite au Forum pour faire rayonner le français dans son coin du monde. C’était un moment émouvant, et la plupart des participants se sont engagés à faire des projets, à rassembler des gens, à partager les réalisations qu’ils ont eu pendant notre séjour ensembles.

Et finalement, un participant s’est levé, l’air grave. Il a dit que dans son pays d’origine, il y avait un proverbe. On disait qu’une promesse faite est une promesse tenue. Il a dit que nous devions faire attention à ce que nous disions pendant que nous étions remplis d’émotions et prêts à s’engager à n’importe quoi, parce que notre honneur tenait à qu’on fasse vraiment ce que nous disions vouloir faire.

Ce commentaire bien placé m’a beaucoup fait réfléchir. Il est vrai que lorsque nous sommes en mode événement, et que ça fait des heures ou des jours que nous discutons des sujets qui sont près de nos cœurs, que nous sommes vulnérables. Nous sommes épris d’un idéalisme où tous sont prêts à faire le travail qui va pour soutenir les idées de projets que nous avons. Nous sommes dans un environnement où l’on côtoie des gens come nous, qui partagent notre fougue et notre passion pour changer le monde. Et c’est dans ces moments qu’il faut faire attention à quoi on s’engage.

Il faut faire attention, non pas parce que nous devons limiter notre imagination, mais parce que les événements rassembleurs ne sont pas la vraie vie. Dans la vraie vie, vouloir changer le monde devient une petite partie des choses auxquelles nous pensons au quotidien. Parfois, lorsque nous reprenons contact avec nos réalités, lorsque nous redevenons marginaux par nos opinions et nos passions, lorsque nous devons nous entourer de gens qui n’ont pas vécu les moments émotionnels avec nous, nous perdons l’entrain de faire les choses que nous nous sommes engagés à faire. Et c’est pourquoi il fait choisir avec attention ce que nous promettons de faire. Il suffit de regarder à la différence entre les promesses électorales de n’importe quel politicien et les réalisations faites durant leur mandat pour voir que c’est vrai.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas s’engager à faire des choses alors que nous sommes dans des moments de réalisations identitaires, mais de vraiment réfléchir avant de laisser des promesses quitter ses lèvres. On peut souhaiter que des choses soient faites, ou désirer, ou espérer. Mais une promesse est une promesse, il et faut se respecter assez pour les tenir.

jeudi 7 octobre 2010

Engagez-vous qu’ils disaient

Tel que publié dans l'édition du 10 septembre 2010 du Courrier de la Nouvelle-Écosse 

Avez-vous vu le vidéo « Y vote NB »? Si non, déposez ce journal et cherchez ce vidéo sur YouTube immédiatement. Vraiment, tout de suite, je vous attendrai.

Génial, non? Cette vidéo vise à inciter les gens à voter lors de l’élection provinciale du NB qui est présentement en campagne, surtout les jeunes. J’espère que cette campagne encouragera les jeunes à voter, parce que le nombre d’électeurs jeunes est faible. Faible assez pour que les candidats ne ce soucient pas des enjeux jeunesse, puisqu’ils cherchent après tout à se faire élire et réélire, et c’est logique de chercher l’appui de ceux qui votent. Triste, mais logique.

Voter, c’est bien, mais si notre participation citoyenne est limitée à cocher une case aux quatre ans, on n’est encore pas très actifs dans l’avenir politique de notre pays. Mais que faire? Il y a tellement de choses qui se passent dans nos municipalités, dans notre province, dans le pays. Où commencer? Est-ce qu’on peut vraiment faire une différence comme individu? Quand on voit des choses comme la corruption financière, et des approches suspectes dans le gouvernement, n’est-ce pas que ça veut dire que les élus détiennent tout le pouvoir? Comment faire un impact? Par où commencer?

Je n’ai certes pas les réponses à toutes ces questions. Par contre, je sais une chose. Si nous vivons dans une démocratie,  c’est que nous avons, comme citoyens, un pouvoir quelconque. En fait, plusieurs processus sont en place pour que nous puissions nous exprimer, et avoir un impact sur les décisions prises par le gouvernement. Le problème? Honnêtement, ces processus peuvent être longs et ennuyeux. Il faut savoir où et quand sont les consultations, lire beaucoup de documents officiels qui sont lourds de légalités, rester informé sur les courants qui se passent dans tous les partis politiques, savoir qui sont les joueurs clés, et quels sont leurs motivations, etc. Bref, être un citoyen est un emploi à temps plein. C’est évident que si les grecs n’avaient pas eu des esclaves pour faire leur travail, ils n’auraient jamais eu le temps de faire fonctionner une démocratie pure.

Mais ou est-ce que ça nous laisse, nous les citoyens moyens? D’abord, il faut voter. Pourquoi? C’est une des seules façons que nous pouvons participer directement au processus. Et aussi, parce qu’on ne peut pas se plaindre de qui est en pouvoir si on n’a même pas voté pour, ou contre. Ensuite, il faut choisir ses batailles, comme on dirait en anglais. Puisqu’on n’a pas le temps de tout faire, je crois que c’est raisonnable de choisir ses intérêts, et de mettre l’emphase là-dessus. C’est aussi une bonne idée de choisir un parti politique quelconque, et de participer à la sélection de leurs enjeux et de leurs candidats. Si on n’est pas surs de vouloir être rouge ou vert ou bleu ou orange, rien nous empêche de participer à plus d’un parti à la fois, ou de même participer à la création d’une nouvelle alternative.

La morale de tout ça, c’est que c’est bien beau de se plaindre du gouvernement, et c’est notre droit. Mais il faut se mériter ce droit de chialage en faisant au moins le minimum possible pour faire du changement.